Banque Nationale journée internationale contre l'homophobie

Montréal, ville-phare pour les droits de la communauté LGBT

Les sourires que l’on croise en plein été sous les boules qui ornent le Village sont peut-être le signe le plus visible de l’ouverture à la diversité sexuelle et identitaire qui caractérise Montréal. Et ce n’est pas qu’une façade : de la fameuse parade Fierté Montréal jusqu’au tout nouveau magazine « Lez Spread the Word », en passant par une bibliothèque spécialisée en diversité sexuelle et des dizaines d’organismes, la communauté LGBT trouve en Montréal une ville-phare.

« Le Québec fait figure de locomotive pour les droits de la communauté LGBT. En général, on est reconnus à l’international comme un oasis de paix et de protection », confirme Laurent Breault, directeur général de la Fondation Émergence, dont la mission est d’informer et de sensibiliser le public à la défense des droits de cette communauté. En effet, l’ouverture à la diversité identitaire et sexuelle est assez présente au Québec pour que l’on figure dans le palmarès des endroits où plusieurs personnes à travers le monde souhaitent émigrer. Il faut dire que pour quelqu’un qui habite dans un pays où l’homosexualité est encore considérée comme un crime, nos lois anti-discrimination font rêver…

Bien sûr, il reste toujours du travail à faire. D’ailleurs, le 17 mai, la fondation organise la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, présentée par la Banque Nationale. La campagne annuelle de la fondation en 2017, intitulée « Peu importe le genre », vise à mettre en lumière des enjeux vécus par les personnes trans, et à souligner tout particulièrement leur droit d’être respectées, acceptées et aimées.

Parce qu’évidemment, en dehors du Village, l’intégration doit se faire dans plusieurs sphères différentes de la vie d’une personne. À l’approche d’un coming out, les appréhensions peuvent être nombreuses, même de nos jours : regard des autres, perte de contact avec de la famille ou des amis, perte d’emploi, etc.

Heureusement, depuis la décriminalisation de l’homosexualité en 1969 jusqu’à la légalisation du mariage entre deux personnes de même sexe en 2004, on a parcouru beaucoup de chemin au Québec. La société est en constante évolution, et les belles histoires sont de plus en plus nombreuses…

 

La renaissance de Marie Isabelle Gendron

 

L’une des plus grandes craintes de Marie Isabelle Gendron avant qu’elle commence à exprimer publiquement son identité de femme, c’était de perdre son emploi, celui où on la connaissait depuis 35 ans comme étant un homme.

Après un processus graduel, en 2014, elle fait le grand saut. Et son employeur embarque : l’équipe de Pratt & Whitney change son nom dans tous les systèmes administratifs, aménage une salle de bain neutre et contacte tous ses supérieurs immédiats pour leur expliquer la situation. Le 7 octobre, elle entre pour la première fois au travail en tant que femme, sa « renaissance », dit-elle aujourd’hui.

« J’étais nerveuse. Pour moi, c’était un rêve inimaginable, d’entrer à la compagnie où je travaillais depuis si longtemps, mais en femme. J’ai eu un soutien inébranlable, je n’ai jamais vécu de discrimination, j’ai plutôt eu des félicitations. »

Et elle souligne que l’expérience a fait d’elle une meilleure employée. « J’avais dit à ma boss : tu as un risque avec moi, le risque d’avoir une meilleure employée. Ça s’est concrétisé. Les gens aiment mieux travailler avec moi maintenant, et ils se confient davantage, parce que je suis authentique. »

Avec la majorité de son entourage, ça va bien aujourd’hui, même si du temps a été nécessaire pour les ajustements. Ses parents, qui ont tous deux plus de 80 ans et vivent en résidence, avaient déjà entendu parler de transidentité grâce à des sujets très médiatisés, comme le film Laurence Anyways de Xavier Dolan et la transition de Caitlyn Jenner.

Marie Isabelle Gendron se sent bien à Montréal. Elle raconte d’ailleurs s’être faite servir « comme une reine » dans une boutique de la rue Saint-Denis, une des premières fois où elle a magasiné ouvertement des vêtements dans le rayon des femmes, ce qui l’a évidemment aidé à combattre sa nervosité ce jour-là!

 

L’importance des modèles positifs

 

Monica Bastien décrit également sa transition comme un succès. Avant d’annoncer ses intentions à ses patrons de l’hôpital Louis-H. Lafontaine, elle a pris le temps de bien s’informer de ses droits, et n’a pas eu de misère à les faire respecter. « Ils ont embauché des psychologues pour aider les personnes que je suivais ainsi que le personnel à avoir du soutien. Ç’a vraiment été très bien fait, les gens ont pu comprendre ce que représente un changement d’identité. »

Pour Mme Bastien, la représentation de la diversité identitaire est importante, tout comme la présence de modèles qui ont connu un cheminement positif. Raconter l’histoire de gens pour qui la transition identitaire s’est bien passée, ça peut inciter une personne encore hésitante à ne pas avoir peur et à aller de l’avant! « Plus une personne attend avant de vivre son cheminement, plus la pression intérieure que crée le désaccord [entre le genre auquel elle s’identifie et le genre qu’elle exprime] amène un mal de vivre. Moi, je me suis toujours dit qu’avec une approche positive, on arrive à un résultat positif! » lance-t-elle.

 

Un avenir multicolore

 

Laurent Breault le constate : le contexte actuel est facilitant pour les personnes se reconnaissant dans le spectre LGBT. « Les jeunes d’aujourd’hui, les milléniaux, ils n’ont pas connu l’époque de la criminalisation et de la pathologisation médicale de l’homosexualité. Ils ont connu à la fois une évolution des mentalités et des protections législatives », dit-il.

Certaines de ces protections sont toutes récentes. En 2015, il y a eu le retrait de l’obligation de subir une opération de réattribution sexuelle pour changer son identité de genre légalement. En 2016, la discrimination fondée sur l’identité ou l’expression de genre est expressément interdite dans la Charte québécoise.

Et tout indique qu’on devrait continuer à s’améliorer. Parce qu’après tout, une société dans laquelle chacun est respecté, accepté et aimé – peu importe son genre –, qui ne voudrait pas ça?

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L’inclusion est une valeur très importante pour la Banque Nationale, qui s’assure d’offrir un milieu de travail sain et respectueux à tous ses employés, y compris évidemment ceux qui sont membres de la communauté LGBT. La Banque tient également à s’impliquer concrètement auprès de la communauté ; c’est pourquoi elle est fière partenaire de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie depuis quatre ans. La Banque agira aussi à titre d’hôte pour la remise du prix Laurent-McCutcheon, ou prix Lutte contre l’homophobie, de la Fondation Émergence en 2017, soit pour une 11e année consécutive. Il s’agit pour la Banque Nationale d’une implication de longue durée, qui n’est pas prête de faiblir!

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